R2-D2 taille réelle — StenZew
Construction complète d’un R2-D2 fonctionnel de 96 cm et 55 kg : châssis tripode motorisé, électronique de puissance, et pilotage web depuis un Raspberry Pi.
Technologies employées
- Raspberry Pi
- Arduino
- Python
- PHP
- JavaScript
- Shell
- Linux
- L298N
- MD10C
- GPIO / PWM
Deux ans de week-ends et de soirées pour construire, de A à Z, un R2-D2 de taille réelle : 96 cm, 55 kg, cinq heures d’autonomie. Mécanique, électronique et informatique, sans expérience préalable en robotique.
Le projet est né d’une conversation avec Sébastien Turnaco : « Tu vois R2-D2, il reste le robot emblématique de toute une génération. Pourquoi ne pas construire le vrai, taille réelle, avec une multitude de fonctionnalités ? »
L’équipe
Trois personnes, trois spécialités. Ce projet n’est pas un travail solitaire et il serait malhonnête de le présenter comme tel.
- Sébastien Turnaco — électronique et informatique
- Stéphane Raynal — mécanique, électronique et informatique
- Emile Di Costanzo — mécanique

La plate-forme
L’objectif était de recréer le droïde le plus têtu de la galaxie, en respectant ses proportions. Les cotes viennent des sites spécialisés de constructeurs — Astromech.net, r2builders.fr — qui publient plans et modèles.
L’appui au sol reste tripode, comme l’original. Les deux pieds extérieurs sont motorisés par des moteurs de 100 W à courroie ; le pied central repose sur un roulement à billes avec suspension mécanique, ce qui autorise des rotations sur place sans arracher la transmission.

Actionneurs, contrôleurs, capteurs
C’est la partie qui a posé le plus de questions, faute d’expérience sur la fiabilité et la tenue en charge des composants.
- Moteurs 24 V, servomoteurs, vérins électriques
- Contrôleurs L298N et MD10C
- Arduino, Raspberry Pi 1 et 2
- Contrôleur de rétroéclairage TV Philips Ambilight
- Capteurs ultrason et sonore, température DSB120, luminosité
- Émetteur / récepteur radio 433 MHz

De l’électronique à l’informatique
Piloter un moteur de 4 W depuis un Raspberry Pi est trivial. Passer à deux moteurs de 100 W — récupérés sur des trottinettes électriques — l’est beaucoup moins : vingt-cinq fois la puissance des prototypes.
Le Raspberry Pi expose quarante GPIO, reliés directement aux contrôleurs de moteur. Cette carte est la clé du projet : après des années de conception, de tests et de crash-tests, c’est elle qui porte le système, les services et l’intelligence du robot — le tout sur une simple carte micro SD.


La chaîne de commande
Une page web actionne des scripts Python, qui pilotent les contrôleurs, qui alimentent les moteurs. Chaque maillon est simple ; c’est leur enchaînement qui fait tout le travail.


Interagir avec l’environnement
Les capteurs ne servent pas qu’à déplacer le robot. Les relevés sont historisés et consultables, ce qui transforme le droïde en sonde mobile.

Le robot sait aussi reconnaître un visage et saluer la personne qu’il identifie — une brique de vision par ordinateur greffée sur le même Raspberry Pi.

Bilan
Durée. Deux ans, en discontinu : un week-end sur quatre pour la mécanique et l’électricité, deux à trois heures certains soirs pour l’informatique.
Budget. Environ 10 000 €. Le chiffre inclut beaucoup de composants achetés pour des essais et jamais montés sur le robot final, écartés pour des raisons de stabilité, d’évolutivité ou de maintenabilité.
Compétences. Scier, percer, poncer, visser, calculer. Souder, dénuder, ponter, gainer. Réseau et programmation — PHP, JavaScript, Python, Shell, Java.
Ce projet est celui qui m’a appris le plus sur ce que signifie « faire fonctionner quelque chose en conditions réelles ». Une infrastructure qui tombe se redémarre ; un robot de 55 kg qui part en crash test, beaucoup moins.